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 Adieu la Ligue ! | | L'ELIMINATION: FAUT-IL EN RIRE OU EN PLEURER ?
Par Elie Date 4/12/2001
En étant éliminé samedi dès le premier tour de la Coupe de la Ligue, Lens a surpris et déçu. Comment interpréter cette défaite lourde, et surtout quelles conséquences pour l'avenir ? En bref: est-ce un bien ou un mal ? C'est ce à quoi nous nous sommes efforcés de répondre. |
L'ELIMINATION :
POURQUOI IL FAUT EN PLEURER
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Parce que c'est... une élimination. Ca n'a l'air de rien, mais en quittant si vite l'une des trois
compétitions de la saison, le Racing s'est privé d'une sacrée opportunité. La coupe de la Ligue est
probablement la plus "facile" des trois, avec ses cinq matchs à gagner pour toucher le (gros) pactole
et la qualification européenne. Tant pis, mais c'est dommage.
Parce que la défaite est inquiétante. L'équipe actuelle, qui relègue pourtant les stats de l'équipe
championne de France 1998 au rang d'aimable plaisanterie, a donc lâché le morceau sans réellement
combattre. En 1998 pourtant, Lens avait atteint la ½ finale de la Coupe de la Ligue et la finale de
la Coupe de France. Cette équipe était née pour la gagne, celle d'aujourd'hui nous montre le contraire.
Aïe !
Plus que le résultat brut (et brutal), c'est surtout la manière qui nous a franchement déplû. Dix
bonnes minutes, et puis plus rien. Un équipe pas en place, pas combative, sans punch ni agressivité.
Et plus généralement, une attitude indifférente dans les gestes et les comportements qui semblait
nous indiquer que la défaite était le dernier des soucis lensois en ce triste samedi soir. Pas triste
pour tout le monde d'ailleurs côté lensois vus certains sourires à la fin du match. Avec au passage beaucoup d'amertume pour les formidables supporters Lensois, même pas gratifiés d'un geste de remerciement, alors qu'ils avaient été, eux, irréprochables...
Autre élément qui ne cesse de nous inquiéter depuis le début de saison, et qui s'est confirmé
spectaculairement à Monaco : la faiblesse du banc. Traoré, Sibierski et Sakho, à qui on offrait
enfin la chance de prouver leur valeur, n'ont rien montré. Pire, ils semblaient indifférents,
comme si jouer les embêtaient. Cela signifie que nous n'avons plus qu'à prier Sainte Barbe pour que
les blessures épargnent nos Lensois… Et que la Coupe d'Afrique ne retienne pas nos quatre joueurs trop
longtemps...
La défaite de samedi l'a donc prouvé : cette équipe n'est bonne qu'avec tous ses titulaires. Sans
certains d'entre-eux, l'équipe tombe à un niveau moyen, voire médiocre. Examinons les stats lensoises
(merci Franck !) depuis le début de saison. Lorsque l'équipe joue avec son " quatu-en-or " Pédron-Moreira-Coridon-Diouf,
Lens tourne à la moyenne effarante de 2,4 points/match, en marquant en moyenne 2,5 buts !
Lorsque l'un des trois est absent, la moyenne chute à 2 points et 1 but par match. Et lorsque
par malheur deux des quatre sont absents, les stats s'effondrent : 0,5 point et 0,5 but par match.
No comment...
Les failles possibles dans cette équipe ne sont pas que physiques : lorsque le mental n'est pas
entièrement impliqué dans le match, l'équipe perd. Il n'y a pas de marge d'erreur possible. Samedi,
avec des remplaçants habituels démotivés (!) et trois Sénégalais pas du tout concernés par le match
(et ça se comprend vu le résultat du tirage de la Coupe du Monde quelques heures plus tôt), l'équipe a sombré.
Dès-lors que l'équipe abandonne aux vestiaires quelques valeurs de rigueur, de solidarité et
d'enthousiasme, lorsqu'elle n'est pas concernée à 100% par le match, Lens n'existe donc plus.
Et puis plus concrètement, se passer de la coupe de la Ligue, c'est créer quelques
vilains trous dans le calendrier de rentrée. Moins de matchs à disputer = moins de cohésion dans l'équipe.
Rappelez-vous l'an passé avec ses interminables coupures de deux semaines pour cause d'éliminations prématurées
dans les deux coupes...
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L'ELIMINATION: POURQUOI ON PEUT EN SOURIRE
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Précisons d'abord qu'il n'y a pas d'offense particulière à se faire sortir par Monaco. Précisons
également que se qualifier samedi n'était pas une garantie de victoire finale ! Arrêtons donc tout de suite
tous ceux qui se lamentent de cette défaite sur l'air du " on a raté la qualification en UEFA ".
Ce n'était que le premier tour...
Précisons également que cette élimination n'appelle pas forcément d'autres mauvais résultats. Le 22
janvier 2000 par exemple, Lens était misérablement sorti par les amateurs de Besançon en Coupe de France.
Trois mois plus tard, le 20 avril précisément, la même équipe disputait sa demi-finale de Coupe de
l'UEFA face à Arsenal... En 1999, Lens était éliminé à domicile de la Coupe de France par l'équipe de D2 de Laval ; trois mois
plus tard également, l'équipe remportait la Coupe de la Ligue... Attention donc aux généralisations
excessives.
Observons maintenant les autres équipes éliminées. Parmi elles, on y retrouve, outre nos Lensois,
les Lillois, les Troyens et les Sochaliens. Un point commun entre-elles : ce sont quatre équipes
très bien classées actuellement dans le championnat, qui ont une place européenne à portée de crampon,
mais qui souffrent toutes les quatre d'un effectif très court, et qui craignent donc les matchs joués
en sur-régime. Coïncidence ? Pas si sûr. En tous cas, ces quatre équipes ne devraient pas être
mécontentes de l'allégement de leur calendrier à l'approche des matchs usants de la période hivernale...
A l'opposé, qui ont été les brillants qualifiés de ce premier tour ? Toutes les grosses écuries larguées
dans le championnat actuel, pour qui les Coupes vont constituer le seul salut européen: PSG, OM, Monaco, Nantes,
voire Rennes... Coïncidence encore ?
Parlons calendrier maintenant. Nous sommes très nombreux à nous inquiéter de la future absence de nos
quatre internationaux d'Afrique à l'occasion de la CAN, qui va se dérouler du 19 janvier au 10 février.
En imaginant que nos internationaux partent en stage un peu avant, ce sont deux tours de la Coupe de
la Ligue auxquels un Lens sans Africains va échapper. Ce qui va permettre à leurs remplaçants de
souffler un peu.
Et puis on l'a démontré plus haut : l'équipe n'est irrésistible que lorsqu'elle est à 100% de ses
moyens physiques et psychologiques. La réalité de l'effectif, c'est qu'il est moyen et qu'il ne peut
pas se permettre de tourner en sur-régime. Si l'on veut conserver de hautes ambitions pour elle cette
saison, il semble indispensable de mettre de côté quelques matchs usants. Volontairement ou pas.
Lens peut aujourd'hui clairement ambitionner une place dans les quatre premiers du championnat. Mais au regard
de la concurrence (Bordeaux, Lyon, Lille, Auxerre… soit un de trop), toutes les forces seront les
bienvenues !
Alors, finalement, faut-il en rire ou en pleurer ?
Les deux probablement. Mais le temps du chagrin,
ou plutôt de la colère, est passé, et il est fort à parier que l'on ait dans peu de temps à se
satisfaire de cette élimination.
Et puis surtout, ne cassons pas tout de suite notre beau jouet Sang et Or sous prétexte qu'il a concédé
sa... deuxième défaite en quatre mois et 17 matchs ! |
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Et vous, qu'en pensez-vous ? |
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