Lens aborda cette rencontre en adoptant le désormais traditionnel
schéma tactique 3/3/2/2 avec trois défenseurs, trois milieux
récupérateurs, deux joueurs excentrés et deux attaquants.
Marseille quant à elle était bien regroupée et très compacte. Difficile à
faire bouger mais sans génie.
La première mi-temps fut donc fermée. Lens jouait bien au football mais
ne se montrait pas dangereux. Le spectacle offert n'était guère à la
hauteur de la fête dans les tribunes.
Le problème lensois venait d'un trou béant au milieu de terrain entre les
milieux défensifs et les attaquants. Soit Blanchard n'était pas assez
haut, soit un des deux attaquants se devait de descendre d'un cran. Ce
trou aspirait Coridon au centre ce qui avait pour effet de dégarnir le côté
droit lensois.
C'est donc tout naturellement que Rool et Brunel animaient cette
rencontre et titillaient la défense nordiste, heureusement sans succès
grâce à une défense de fer (Merci à Coulibaly qui enlève le ballon d'un
Marseillais dans les six mètres).
Cela aurait d'ailleurs pu coûter très cher sans une faute énorme, une
faute professionnelle de l'arbitre Monsieur Garibian qui siffla un coup
franc sur une faute (peu évidente au demeurant) dans la surface ! 40000
Lensois avaient vu le pénalty ! Merci Monsieur Garibian !
Néanmoins, ce sont les Lensois qui se créèrent la dernière occasion de
cette première mi-temps grâce à un centre de Diouf que récupéra un
chanceux Runje après une talonnade de Moreira.
Joel Muller se rendit compte du problème tactique et changea son fusil
d'épaule. Cela n'est pas le dernier des mérites de reconnaître ses
erreurs. Il fit donc entrer Sakho à la place de Coridon.
Surtout, il réorganisa complètement son attaque : Sakho en milieu
offensif gauche, Diouf milieu offensif droit, Pédron en milieu central et
Moreira seul en pointe. Le fameux trou était enfin bouché !
On sentit immédiatement les effets de ce changement. Diouf était très
remuant sur son côté droit aidé par un Coly en super forme.Le côté
gauche se débrouillait également très bien. Il y avait de la vitesse et de
la percussion.
Pourtant, c'est sur une action individuelle que le match bascula. Sakho
récupéra la balle et s'infiltra dans une défense olympienne immobile. Il
s'arracha pour pousser la balle hors de portée de Runje ! 1-0, le plus dur
était fait à la 60° minute ! Le stade pouvait chanter sa libération et sa joie !
Cinq minutes plus tard, Diouf, décidemment intenable ce soir, trouva les
ressources pour centrer au deuxième poteau pour de nouveau Sakho qui
de la tête lobba Runje. 2-0 la messe était dite.
On sentait alors les Nordistes maîtriser et gérer le match, attendant
patiemment les Marseillais pour mieux partir en contre. Quelle sérénité !
Lens obtient donc sa troisième victoire consécutive face à une équipe
olympienne certes solide défensivement mais surtout limité
offensivement.
Certes la première mi-temps peut être source d'inquiétude mais pour la
première configuration offensive, Joel Muller a procédé à quelques
réglages à la mi-temps qui se sont avérés décisifs. Cela signifie que
l'équipe doit encore progresser et qu'elle a surtout les moyens de
hausser son jeu.
Lens prend par la même occasion seul le commandement du
championnat. Heureusement, nous savons tous ce qu'être leader après
trois journées signifie, pour ne pas nous enflammer. |