Le volatile en question avait un gros
défaut : dès qu'il paradait ne serait-ce qu'un petit peu, il se faisait
plumer tout ce qu'il pouvait. C'est ainsi que les équipes qui ont fait la
gloire du FCNA n'auront duré...qu'un été puisqu'elles furent aussitôt
disséminées, une fois la gloire passée. De plus, le canari n'est pas
migrateur et l'oiseau s'exporte très mal à l'image des Ouedec, Loko et
Pedros, les stars de 95, l'année du précédent titre du club, qui sont,
aujourd'hui, presque oubliés.
Mais c'est fini, tout ça, et le piaf en
a pris de la graine. Cette année, le club a non seulement gardé ses
joueurs mais, en plus, a renforcé des postes clés avec les arrivées
d'Olivier Quint et de Pierre-Yves André. Ces deux "emplettes" auront quand
même poussé dehors Olivier Monterrubio et Sebastien Piocelle qui ont opté
pour des destinations rennaises et bastiaises. Le cru 2001 du pays de la
Loire semble, donc, être exceptionnel...
Sur le terrain, il tient plus de
l'épervier que de la poule commune, tant il est vif et rapide, l'animal.
Toujours poussé vers l'attaque, le "jeu nantais" (copyrighté FCNA) se
compose de nombreuses petites courses suivies de passes à une touche de
balle. Profitant toujours des espaces à outrance, les Nantais n'hésiteront
pas à s'en créer si le besoin s'en fait ressentir. Bref, ça va vite. Trop
vite, diront les adversaires...
Principalement issus du centre de
formation, les joueurs ont été tout particulièrement "moulés" pour ce type
de jeu : ils sont jeunes, vifs, techniques et ... nombreux ! Quand une
équipe rêve d'un posséder un dans son effectif, Nantes se permet d'en
faire jouer cinq dans le même match : quand ce n'est pas André, c'est
Vahirua, quand ce n'est pas Ahamada, c'est Dalmat, quand ce n'est pas
Ziani, c'est Savinaud. Ca donne le vertige, non ? C'est normal, c'est le
mal de l'air... |
...Et plus, on vole haut, plus dure est
la chute ! La première journée est là pour en témoigner car dans le derby
de l'Atlantique (le derby viticole, diront les plus pochetrons), Bordeaux
a volé dans les plumes de la pauvre bête (2-0). La recette Girondine est
pourtant simple : pour empêcher le canari de s'envoler, on lui coupe les
ailes. C'est ainsi que Ziani s'est retrouvé totalement étouffé, repoussé
vers sa défense, laissant ses camarades orphelins. "Un collectif doit
défendre en avançant" conclura Elie Baup.
Justement, il en est où, le collectif ?
Si la nichée d'oisillons paraissait être la plus soudée, il s'avère que
certaines individualités semblent apparaître dans le groupe (qui, du coup,
est un peu moins groupé). Cependant, cela pourrait se comprendre, car
quand on a été sollicité comme Landreau, Carrière ou Vahirua durant cette
inter-saison, il est normal que le canari se gonfle les plumes afin de
parader de plus belle...
Possédant une mémoire d'éléphant, notre
représentant ornithologique se rappellera forcément que l'année dernière,
il avait aussi débuté par une défaite, ce qui ne l'avait pas empêché de
terminer sur la plus haute marche du podium. |