.
Ils étaient 5 à partir pour cette
CAN : 4 pour le Sénégal, avec El-Hadji Diouf en chef de file, Ferdinand
Coly, PapeSarr et le neo-lensois Pape Bouba Diop; et 1 pour le Mali, à
domicile, Adama Coulibaly.
Une première constatation s'impose, les
deux équipes ayant atteint le dernier carré, elle ont joué le
maximum de matchs, à savoir 6, le Sénégal ayant même fait un supplément en
disputant deux fois les prolongations et même les penalties pour
la finale. Résultat, nos joueurs ont pratiquement tous accumulé un
temps de jeu supérieur à celui des joueurs restés à Lens pour jouer avec
le Racing Club de Lens qui a disputé 5 matchs dans l'intervalle.
TABLEAU DES STATS
NOM |
Prénom |
Tps
Jeu |
Nb
Tit. |
Nb
Remp |
Non
entré |
Buts |
Cart
Jaun. |
Cart
Roug |
DIOUF
|
El-Hadji
|
544 |
5 |
1 |
0 |
1 |
4 |
0 |
COLY
|
Ferdinand
|
510 |
5 |
0 |
1 |
0 |
2 |
0 |
COULIBALY
|
Adama
|
450 |
5 |
0 |
1* |
0 |
2 |
0 |
DIOP
|
P. Bouba
|
323 |
3 |
2 |
1 |
1 |
1 |
0 |
SARR
|
Pape
|
298 |
4 |
0 |
1+1* |
0 |
0 |
1 |
* suspendu
TEMPS DE JEU ET TITULARISATIONS
C'est la "star" du Sénégal,
El-Hadji Diouf qui a passé le plus de temps sur le terrain. Comme pour le
Racing, Diouf constitue une pièce essentielle du dispositif offensif du
Sénégal. Même dans le 3ème match de poule, alors que les Lions
étaient déjà qualifiés, Bruno Metsu a préféré le faire rentrer en
2eme mi-temps pour assurer la première place du groupe.
Deux autres Lensois apparaissent
comme des pièces indispensables, mais en défense : Ferdinand Coly et
Adama Coulibaly. Quand ils ont été titulaires, ils ont joué l'intégralité de la
rencontre, et les 2 seuls matchs qu'ils ratent sont en raison d'une mise
au repos pour Coly pour le match avec "peu" d'enjeu, et en
raison d'une suspension (2 cartons consécutifs) pour Coulibaly. A noter que Pape Sarr,
titulaire habituel, a quant à lui raté 2 matchs (une mise au repos et
suite à un carton rouge).
Le cas de Pape Bouba Diop est plus
intéressant. Alors qu'il n'était pas titulaire pour les 2 premières
rencontres (dont une où il n'est même pas entré en jeu), le 3ème match
de poule lui donna l'occasion de montrer sur le terrain qu'il pouvait
prétendre à une place de titulaire, ce qu'il réussit de par
l'engagement et les qualités qu'il montra (voir plus bas). Dès lors,
Bruno Metsu sembla convaincu et il fut aligner comme titulaire pour les
demis et la finale.
LES CARTONS
Lorsque l'on regarde le tableau des
statistiques, on constate tout de suite que les joueurs lensois ont pris
beaucoup de cartons. Et même si l'on peut juger sévère le carton rouge
reçu par Pape Sarr en demi finale, pour un léger coup de coude
d'énervement et beaucoup de cinéma du Nigérian Lawal, il n'en reste pas
moins que les 4 autres lensois se partagent 9 cartons.
Il est vrai que sur 5 joueurs, 4
sont à vocation défensive et donc plus exposés à être sanctionnés, et
si l'on peut excuser Coly, Diop et Coulibaly, ainsi que Sarr, le cas de Diouf est plus
embêtant.
En effet, finalement c'est bien
"l'offensif" Diouf qui a réussi l'exploit d'en récolter 4 à
lui tout seul (au 1er et au 3eme match, puis en demi et en finale). 4
cartons qui illustrent bien la mauvaise habitude d'El-Hadji de récolter
des cartons inutiles (3 pour contestation, 1 pour simulation), qui
heureusement n'ont pas pénalisé son équipe... mais ça n'aurait pas
été le cas dans le championnat français (où Diouf est déjà le
Lensois le plus sanctionné).
On sait Metsu relativement laxiste
sur ce point avec ses joueurs, mais nul doute que Muller va s'employer à
essayer de "discipliner" un peu ce joueur fantasque où sinon,
il y aura encore quelques match où le RCL devra se priver de ses
services.
SUR LE TERRAIN
Après l'analyse des chiffres,
voyons un peu comment cela c'est passé concrêtement sur le terrain. Nous
avons vu que les joueurs lensois avaient beaucoup joué, reste à savoir
comment.
Adama COULIBALY :
Commençons par le "régional
de l'étape", le défenseur Malien qui jouait devant son public.
Henri Kasperczak en a fait son patron de la défense. A sa façon de
parler aux autres défenseurs, à les positionner à pratiquement jouer à
la manière d'un libéro, on voit qu'il a beaucoup appris avec Wallemme.
Cela n'avait pourtant pas trop bien commencé pour lui. Peut être trop
préoccupé par l'enjeu, lors des 2 premiers matchs, il a voulu trop en
faire en se jetant un peu sur tous les attaquants, parfois de manière
grossière, ce qui lui a valu 2 cartons jaunes (1 par match) et donc une
suspension pour le 3eme match décisif, qui voyait le Mali battre
l'Algérie sans qu'il ne prenne part à cette qualification. Cela fit-il
réfléchir Coulibaly ? car pour les matchs suivant il eut un comportement
beaucoup plus sobre sur le terrain, ce qui lui donna une bien plus grande
efficacité. Il montra un registre complet, de stoppeur, de libero, voire
même de milieu défensif en jouant parfois devant sa défense.
Cette CAN pourrait bien être
un palier important pour Adama, celui de la maturité pour ce jeune
défenseur révélation du début de saison lensois.
Ferdinand COLY :
Coly est un pilier incontestable de la
défense sénégalaise. Pratiquement toujours titulaire, il a apporté une
solidité à toute épreuve en verrouillant durant toute la compétition
son coté droit, il a montré les qualités de défenseurs qu'on
lui connait à Lens, en particulier ce coté intraitable et tenace. Par
ailleurs, dans une défense à 4 différente de celle pratiquée cette saison
à Lens, il semble plus à l'aise car moins poussé vers l'avant (où
il avait Sarr qui prenait le relais devant lui) et donc avec moins de relance
à effectuer où il montre parfois quelques faiblesses. Mais pour rester
sur le positif, Coly a vraiment réussi sa CAN et lui, à qui il reste
encore 1 année de contrat, et même s'il rêve parfois d'Angleterre, reste
un atout précieux pour Lens sur ce coté où il partage le poste avec
Sikora.
Pape SARR :
Metsu a fait de Sarr, depuis
longtemps, un titulaire à part entière, lui qui ne l'est plus au RCL.
Pape Sarr, avec les Lions, est un travailleur de l'ombre. Dans un rôle
proche de celui que peut avoir Coridon à Lens, il est l'artisan d'un
pressing permanent sur le milieu adverse, et apporte du liant entre les
lignes sénégalaises. Comme on l'a vu plus haut, il permet aussi à Coly
de se concentrer sur les tâches purement défensive en assurant la partie
relance, le plus souvent vers Diouf. Là où Joël Muller le voit plus à
un poste de remplaçant de Lachor, Metsu lui le positionne un peu plus
vers l'avant, et celà semble fonctionner. C'est difficile de lui trouver
beaucoup de défaut tant il est arrivé à se fondre dans le collectif. Un
geste malheureux l'a malheureusement privé de la finale, mais finalement,
c'est le Sénégal qui s'est plutôt retrouvé privé de Sarr. Espérons
qu'il retrouvera avec Lens toute la confiance et un poste qui lui
conviendra pleinement, lui qui a été un peu promené sur le terrain,
puis sur le banc, cette saison.
El-Hadji DIOUF :
Celui dont on a fait la
"star" de l'équipe des Lions, fort d'un Soulier d'Or
Sénégalais et d'un titre de "meilleur joueur africain",
présente un bilan mitigé. Il a mis un but, mais c'était dans une cage
vide, lui qui pour les qualifications pour la Coupe du Monde a été le
buteur n°1 du Sénégal.
Il est incontestablement d'un grand
niveau technique, capable de gestes spectaculaires et a montré une très
bonne vision du jeu, mais, lui que l'on croyait à l'esprit libéré,
s'est montré particulièrement sensible à la pression. Et ce n'est pas
du penalty raté en finale dont je veux parler. Cette pression, c'est
plutôt celle que tout un peuple a posée sur ses épaules et qui lui fait
faire un début de CAN en demi-teinte. Cette pression, c'est aussi celle
idiote qu'il se met en s'attirant les foudres des arbitres par des
contestations, réclamations et simulations diverses. C'est aussi celle
qu'il attire par ses provocations souvent irréfléchies comme ces
soi-disantes déclarations sur la mauvaise qualité du football malien qui
lui attirent la désaffection du public malien qui était plutôt enclin
à soutenir ce "voisin" et qui finalement l'a sifflé.
Le penalty raté n'est finalement
que la conséquence ultime de toutes ces forces qui pèsent sur lui. On
attend beaucoup de son talent. Il donne beaucoup également, et sa finale
a été un moment de très haut niveau, par les dribbles, les
accélérations et les passes inspirées qu'il a su réaliser.
Pape Bouba DIOP :
Pour les supporters Lensois qui
n'avaient jamais eu l'occasion de le voir jouer depuis qu'il a rejoint le
RCL, c'était là une belle occasion d'apprendre à connaître ce joueur
et découvrir les qualités qui avaient convaincues Bergues et Lamarche de
le recruter au Mercato. Et l'on n'a pas été déçu.
Si lors des 2 premières rencontre
on l'a peu vu jouer, le 3ème match, contre la Tunisie, où il était
titulaire, a convaincu Bruno Metsu qu'il apporte beaucoup. Dans un rôle
de milieu défensif axial, "à la Blanchard", il apporte un plus
non seulement physique, mais également très technique avec une bonne
conservation des balles récupérées dans les pieds adverses, et des
relances précises. Finalement titulaire pour les demi-finales, il
réalisa un match plein et fût l'un des principaux artisans de la
qualification en finale en marquant un but de la tête alors que le
Sénégal était en infériorité numérique. Sa présence physique au
milieu a été précieuse pour ces 2 matchs, où il eut à faire à des
attaquants adverses très vifs (tant avec le Nigéria qu'avec le Cameroun)
et qu'il s'en sortit très bien.
Bouba Diop est peut être la
révélation pour les supporters Lensois. Peut être pas encore au sens
d'illumination soudaine, mais plus dans le sens qu'il a montré un
potentiel intéressant qui apparaît progressivement aux yeux de tous : un
talent que nous allons continuer de découvrir avec ses matchs pour le
Racing Club de Lens
Certes, tous ces éléments donnés
dans cet article contiennent une bonne partie de subjectivité et il faut
tenir compte du contexte particulier du Football Africain, qui semble
s'européaniser, les défenses prenant le pas sur les attaques, mais il
n'en reste pas moins que c'est un capital d'expérience supplémentaire
qu'ont emmagasiné les joueurs lensois, expérience qui ne pourra être
que bénéfique au club, d'autant que le cataclysme qui devait s'abattre
sur le RCL avec le départ de ses joueurs africains n'a pas eu lieu.
Vivement de les revoir à l'oeuvre dans la conquête du titre pour Lens.
Et vivement aussi de revoir ces Sénégalais à l'oeuvre pendant la Coupe
du Monde.
TOUTES
LES PHOTOS DE LA CAN
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