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 Bak: mention bien | | Y CROIRE OU PAS ?
Par Elie Date 4/2/2002
On n'arrête plus Lens. Depuis sa dernière défaite, l'équipe a empoché 16 points sur 18 possibles et n'en finit plus d'écoeurer ses adversaires. Passons en revue les atouts et les faiblesses des lensois au moment du sprint final. Et lançons-nous dans un timide tirage de plans sur la comète. |
CE QUI EST PROMETTEUR
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Gagner ce match difficile, face à un Monaco en pleine bourre est une excellent nouvelle.
Il y a incontestablement une vraie "culture de victoire" chez nos Sang et Or en cette période.
Notons au passage que le parcours actuel (2,22 points/match en moyenne après 23 matchs joués) continue
d'exploser toutes les statistiques, qu'elles soient françaises (Lens est d'ores-et-déjà dans le
Top10 des 63 saisons de D1 disputées depuis 1933), ou européennes (Lens fait mieux que tous les actuels
premiers d'Europe - merci ATD).
La CAN n'a pas affaibli l'équipe, contrairement à ce que nous annonçaient pleins d'espoirs les grands oracles
nationaux. Depuis que nos Africains sont partis, Lens caracole plus que jamais en tête et, mieux encore,
semble avoir mis en place un fonds de jeu encore plus cohérent.
Avec moins de talent pur dans l'équipe, le groupe semble s'être recentré sur un projet tactique
moins ambitieux mais plus solide.
Bak : son arrivée et son intégration ont été tout simplement exceptionnelles. Ce joueur absent des
terrains depuis 6 mois s'est totalement et immédiatement épanoui au sein de l'équipe Sang et Or. Son
positionnement assez haut, en soutien de Blanchard, use les attaquants
adverses et rassure la charnière centrale, qui a beaucoup moins de travail
de pompier d'urgence à effectuer.
La concurrence, probablement écœurée par le rythme infernal imposé par les Lensois, s'effiloche peu
à peu. Au-delà de Lyon et ses huit points de retard, ça commence à ressembler à la piste noire de Salt
Lake City : le PSG est à 12 points (et un match en plus), et l'écart avec le premier
non-européen (Troyes, cinquième) se mesure maintenant à 16 points !
Préparez vos valises: l'an prochain, quelques jolis voyages dans notre
bonne vieille Europe se profilent de nouveau !
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CE QUI EST (UN PEU) INQUIETANT
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Le manque évident de fraîcheur physique : la fatigue lensoise a pour
la première fois vraiment crevé les yeux samedi en deuxième mi-temps. Avec
un système de jeu pas vraiment économique, Lens s'expose indéniablement à
quelques mauvaises passes physiques lorsqu'il y a accumulation de matchs.
C'est le cas actuellement. Et ce n'est pas fini, avec un nouveau match
dès-demain, qui sera tout sauf un reposant programme de remise en
forme...
Dans quelques jours, l'équipe devrait récupérer ses Africains. Oui, mais dans quel état ?
Le rythme de la CAN n'est pas très élevé (un match tous les 5 jours environ), mais chacun sait qu'un retour
à Lens en plein milieu de l'hiver après 1 mois de chaleur Malienne n'est en rien reposant.
Et puis il y aura
peut être des premiers grincements de dents : ceux qui sont partis avec un statut de star irremplaçable (c'est ce que nous ont martelé les médias...)
vont-ils retrouver aussi aisément leur place dans une équipe qui a si bien su se serrer les coudes en leur
absence ? Déjà, Muller a prévenu : ce sera à eux de prouver qu'ils
sont meilleurs que les titulaires actuels. Facile à dire, pas facile à
faire, et ... carrément difficile à admettre.
Muller l'a dit aussi samedi soir à l'issue du match : pour la première fois cette saison, l'équipe a eu
peur du résultat, en 2e mi-temps. La crainte de ne pas empocher les trois points
a fait déjouer l'équipe. Au moment d'aborder le sprint final, on espère
que cette première sera une dernière...
Lens va devoir jouer ses deux prochains matchs en se privant de deux des ses piliers actuels :
Ismaël demain, et Bak face à Lorient. Il suffit de voir jouer l'équipe en ce moment
pour constater l'importance fondamentale qu'ont pris ces deux joueurs dans la stabilité de l'équipe.
Demain, sans Valérien ni Coulibaly ou encore Coly, la charnière sera forcément inédite. Le problème, c'est que l'artillerie d'Auxerre
laisse peu de place aux joies de l'improvisation...
Dans tous les cas, l'expérience de cette saison montre qu'il faut faire
totalement confiance à la lucidité et au talent de Muller (et de son staff) pour savoir régler
ces sources d'inquiétude. Deux caractéristiques que ne possède pas l'Olympique Lyonnais.
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QUEL SPRINT FINAL ? |
NB: Tous ceux qui veulent continuer à rester fidèle au principe du désormais célèbre " prendre les matchs
un par un " sont excusés : ils peuvent passer ce paragraphe, rempli de sport-fiction et autres
ventes de peau d'ours avant que le célèbre plantigrade ne soit tout à fait refroidi. Nul ne les en blâmera,
bien au contraire. Pour les autres, ne quittez pas, c'est ici :
Notre calendrier : Après le périlleux déplacement chez Guy Roux et avant la " finale "
(pour faire plaisir à Aulas) à Gerland, Lens va jouer à Bollaert successivement contre Lorient, Metz, Rennes,
Troyes et Guingamp. Et se déplacera à Montpellier,
Bordeaux, Sedan et Bastia. Soit en gros des matchs contre quatre
prétendants au haut de tableau, contre quatre relégables potentiels, et
contre trois " ventres mous ".
Celui de Lyon : les Aulassiens recevront successivement Troyes, PSG, Monaco, Lorient, Montpellier et
donc Lens. Et ils iront à Rennes, à Sochaux, à Lille, à Auxerre et à Bordeaux. Soit donc six matchs
contre des prétendants à l'Europe, deux contre des possibles relégables, et 3 contre des ventres mous.
Donc a priori un calendrier plus délicat pour les Lyonnais.
Notons en outre que Lens va jouer contre les quatre actuels derniers (et tous à Bollaert), contre deux pour
Lyon (un à domicile). Notons également à l'inverse que sur ses 11 derniers matchs, l'OL va devoir se coltiner les actuels 8 premiers du classement !
Enfin, détail amusant et intéressant, Lens et Lyon vont rencontrer dans ce sprint final six équipes communes
(sans compter le match du 4 mai). Les arbitres à distance du championnat qui vont jouer à la fois Lens et Lyon
se nomment donc Rennes, Troyes, Lorient, Auxerre, Montpellier et Bordeaux.
En parallèle, les adersaires non-communs des
deux équipes font de nouveau apparaître un déséquilibre défavorable à Lyon : l'OL jouera (et pas Lens) contre le PSG, Sochaux,
Monaco et Lille ; tandis que Lens jouera (et pas Lyon) contre Metz,
Guingamp, Sedan et Bastia.
Finalement, on le voit à travers ce calendrier, Lens ne peut craindre que lui-même.
Le tout avec huit points d'avance. Et huit points, c'est un joli matelas de secours qui lui permet même
un ou deux faux pas, dont ne sont évidemment pas à l'abri non plus les Lyonnais. Huit points, c'est également
juste assez pour laisser un peu de pression sur les épaules Sang et Or et éviter la démobilisation d'un groupe qui
marche si bien dans la rigueur collective.
En définitive, il n'y a guère plus qu'Aulas pour continuer à croire qu'il vaut mieux être à la place
des Lyonnais qu'à celle des Lensois...
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Et vous, comment voyez-vous les 11 matchs qui nous restent ? |
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