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 Harceleur & Buteur | | COHERENCE ET CONFIANCE : LE SECRET DE LA REUSSITE
Par Elie Date 17/9/2001
On en avait rêvé, Muller l'a fait. Du jeu, du spectacle, des buts, de l'engagement. Et des victoires en veux-tu-en-voilà. Mais quel est son secret ? Simple à dire, difficile à faire : c'est la "Cohéfiance". N'ayez pas peur, on vous explique tout ici. |
LA COHESION
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La réussite de Muller est frappante sur ce point:
tout dans l'équipe respire la cohésion, l'équilibre, l'homogénéité:
Chacun sur le terrain sait ce qu'il a à faire, où, et comment.
Et ce, dans tous les cas de figure. A chaque situation de match sa configuration tactique
précise. Et donc pas de place à l'improvisation, notamment sur les phases défensives.
De Warmuz à Diouf, l'équipe forme vraiment un bloc. Les lignes arrières et le milieu
de terrain quadrillent parfaitement le terrain, et pressent sans relâche très haut les
porteurs du ballon adverses. Comme le déclarait samedi soir le toujours éclairé
Jojovic, "il y a du Jacquet-1998 dans ce système". Compact, solide, et
conquérant, tel est en effet le bloc-équipe lensois dans ses phases de récupération.
L'illustration la plus spectaculaire de cet esprit général tourné vers ce que nos amis
rugbymen appellent si justement la conquête, c'est le comportement de nos deux
flêches offensives. Diouf et
Moreira n'ont eu de cesse d'harceler sans arrêt la défense adverse, y créant ainsi un
sentiment constant d'insécurité. Lorsque l'on revisionne le match, on s'aperçoit
ainsi que c'est pas moins d'une bonne douzaine de relances sochaliennes qui ont dû
être faites à la va-vite et dans l'urgence sous la pression. Un autre exemple tiré du match de samedi ? Menés 2-0, sur les corners à leur avantage, les Sochaliens laissaient pourtant trois défenseurs autour de Moreira qui restait seul en pointe. Ils préféraient sécuriser leur arrière-garde contre ce seul joueur plutôt que de tenter de revenir au score en faisant monter un ou deux joueurs de plus dans la surface de Warmuz. C'est dire la crainte que leur inspirait Moreira…
Conséquence de cette insécurité provoquée: la défense adverse craque à un moment ou à un autre, c'est une
quasi-certitude. Avec une telle agressivité (dans le bon sens du terme) chez nos attaquants,
Lens ne devrait pas finir souvent ses matchs avec zéro but à son actif...
Une équipe entièrement tournée vers la récupération, donc, mais qui sait parfaitement
quoi faire du ballon lorsque la tâche est accomplie. C'est l'autre axiome de la cohérence
Mullerienne: "Lorsque le ballon tu as gagné, très vite vers l'avant tu vas créer". Il faut voir en effet
cette équipe remonter le ballon: rapide, avec un jeu en une touche de balle, alternant
le jeu en profondeur et en largeur, et surtout toujours en première intention. Simple, agréable,
mais diablement efficace !
La cohérence du bloc-équipe n'est donc pas une finalité comme dans d'autres équipes à la
recherche de l'hypothétique match nul ou du hold-up chanceux, c'est un moyen mis à la disposition de la créativité
offensive, donc de la victoire et des 3 points.
Mais avec le plaisir du beau jeu en plus.
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LA CONFIANCE
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L'autre progrès spectaculaire apporté par Muller dans l'équipe est bien cette confiance
énorme qui habite les joueurs:
C'est particulièrement frappant pour des joueurs qui erraient comme des âmes en peine
il y a tout juste 3 mois:
- Moreira est non seulement omniprésent et agressif sur le front de l'attaque, mais
en plus il tente, tire, frappe à la moindre occasion et dans n'importe quelle position.
- Corridon est dans le même état d'esprit: il ratisse, se bat sur tous les ballons,
et frappe dès qu'il le peut.
Contre Sochaux, il était quasi-évident que ces deux joueurs allaient marquer, tant leur envie manifestée sur le terrain sautait aux yeux.
La confiance, elle est également frappante pour d'autres joueurs de cette équipe, mais dans des registres
différents. Citons surtout:
- Pedron, qui est incontestablement sur un nuage actuellement. Tout ce qu'il
entreprend est frappé du double sceau du talent et de la simplicité. Et
surtout réalisé en première intention, avec pour résultat systématique de prendre
de vitesse la défense adverse.
- Blanchard, débarrassé des taches contre-nature qui étaient les siennes la saison
passée, retouve sa formidable efficacité de récupérateur - géneur qui l'avait consacré
star dans sa période messine.
- Coulibaly qui explose à son poste, étonnant de sérénité et d'efficacité, au point de
figurer pour la deuxième semaine de suite dans l'équipe-type du journal L'Equipe.
- Sakho, qui rentre dans les fins de matchs sans faire la tête, surmotivé et plein de
positive hargne. Savoir donner la confiance à un remplaçant, voilà qui n'est pas donné à tous
les entraîneurs. Muller semble l'avoir fait.
Et puis il y a Wallemme. Lui qu'on annonçait venu en dilettante pour jouer
quelques matchs, il est en réalité LE patron de la défense, et plus généralement de
l'équipe. Intraitable sur tous les ballons, y compris ceux joués à la 92e minute en menant 3-0,
il est surtout un meneur d'hommes extraordinaire.
Même Ismaël ne bronche plus et écoute sans rien dire les conseils (ou remontrances, c'est selon !)
du grognard Jean Guy.
S'il en est un qui incarne merveilleusement la confiance, c'est
bien lui !
Muller a su redonner de la confiance aux joueurs en leur faisant adopter un système
cohérent. Et réciproquement. Lens est
redevenue une équipe agréable à voir jouer, qui gagne, et
devant laquelle on se dit: "Bon sang mais c'est bien sûr, c'est simple le foot !".
Simple ? Pas si sûr.
Le secret de Muller, c'est la Cohéfiance !
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ET VOUS, QU'EN PENSEZ-VOUS ? |
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