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 Encore ! | | LENS, AS-TU DU COEUR ?
Par Elie Date 25/9/2001
Perdre n'est jamais très rassurant. C'était une première en 8 matchs, mais c'est quand même douloureux. On en avait oublié l'arrière-goût d'amertume que ça procure, et qui reste longtemps en bouche. Longtemps ? Voici les raisons de le craindre, mais aussi les raisons de rester confiant. |
LES RAISONS D'AVOIR PEUR
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Les parallèles sont trop criants pour ne pas les entendre (eh oui, les parallèles se
mettent à parler). Sept match invaincus, une place de leader, et puis patatras : un cinglant
3-0 chez un prétendant au titre. C'est la réplique quasi-parfaite de la saison passée. Et
si cela doit se poursuivre, rappelons pour faire peur aux enfants pas sages que la première
défaite lensoise en 2000 avait été suivie de 6 matchs sans victoire, dont 3 défaites,
de quatre pauvres petits buts marqués, et d'une belle dégringolade au classement. L'histoire
se répétera-t-elle ?
Car jetons maintenant un œil attentif au calendrier. Nos yeux inquiets y découvrent un
match face au leader Auxerrois, suivi d'un difficile déplacement chez les Merlus, puis de la
réception des habiles contreurs Montpelliérains, avant un autre déplacement breton à Rennes,
là où on perd traditionnellement. Vous m'avez compris. Après la défaite à Monaco, le scénario
de plusieurs défaites d'affilée est loin d'être inenvisageable. Et qui nous tend alors ses
doigts crochus et moites ? Oui, c'est bien elle que vous reconnaissez devant vos yeux hagards:
la terrifiante spirale de la défaite© (oui, elle a des mains).
Trêve de prévisonnisme aigu, et revenons maintenant à la réalité objective du terrain. Hélas,
les constats du match à Louis II ne sont pas franchement emballants. L'équipe s'est révélée
amorphe, lente, sans inspiration. Et surtout sans sa hargne qui l'avait rendue irrésistible
dans la conquête et dans l'envie depuis le début de saison. La presse unanime a salué le
réveil Monégasque, mais nous avons été nombreux à n'y voir plutôt qu'un endormissement
Lensois. Et le plus étonnant, c'est que
cela n'a semblé déranger personne sur le terrain. " On dort, oui, et alors ? "
semblaient nous dire nos joueurs... Il a fallu attendre les dernier quart d'heure pour
observer une improbable réaction. N'y aurait-il donc pas de patron sur le terrain lorsque
ça va mal ?
Autre inquiétante observation : les flottements de la défense. Avec son système à trois
stoppeurs, on craignait les équipes avec des attaquants de débordement. Et paradoxalement,
c'est au niveau de la charnière que Lens a failli samedi, en apparaissant terriblement gênée
par la vivacité et la vitesse de la triplette Nonda-Gallardo-Giully. Intraitable depuis le
début de saison, elle a souvent été mise hors de position, et en particulier Wallemme et
Ismaël. On sait l'importance d'une charnière centrale solide aux yeux de Muller. Il y a donc danger.
On s'est également rendu compte de l'importance de Corridon dans l'entre-jeu lensois. Absent,
c'est tout le côté droit de l'équipe qui s'est trouvé déséquilibré, ce qui a eu pour effet
immédiat de décompacter le bloc-équipe Mullérien. Donc moins d'efficacité dans le pressing,
moins de relances propres, moins de vivacité en attaque.
Ce qui nous amène à l'inquiétude la plus vive de ce réquisitoire : en privilégiant un groupe
stable depuis le début de saison, Muller a peut être pris le risque de fragiliser l'équipe
en cas d'absence d'un titulaire. Corridon blessé, et c'est tout le système qui s'est fissuré.
Que se passera-t-il lorsque ce sera le tour de Blanchard, Pédron ou Diouf, pour ne citer que
trois des principaux tauliers de l'équipe ? Là est peut être le vrai risque sérieux
de rechute...
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LES RAISONS DE RESTER CONFIANT
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On notera d'abord que cette défaite a semblé faire du bien aux joueurs comme au staff.
A l'issue du match, tous nous gratifiaient d'ailleurs d'un étrange " Tant mieux ! "...
Pourquoi un tel soulagement ? Peut être tout simplement parce que les très bons
résultats du début de saison étaient trop lourds à porter pour cette équipe composée de
joueurs qui n'ont quasiment connu que la défaite pendant une longue saison. Paradoxalement,
perdre leur montre qu'ils restent des joueurs normaux, ce qui crédibilise d'autant leur bon
parcours actuel. Si vraiment cette défaite leur a oté un poids, eh bien acceptons-en l'augure...
Un autre élément à bien conserver en mémoire, c'est que Lens n'est pas censé jouer le
titre, et encore moins rester invaincu toute la saison. L'excellent départ nous aurait-il
déjà fait oublier que l'effectif est à l'image des objectifs de début de saison : moyen,
sans plus. Regardons d'où nous venons, et restons les pieds sur terre : perdre à Monaco
n'est en rien un déshonneur, et surtout pas une contre-performance.
Observons maintenant le bilan comptable de cette 8e journée. A l'exception du Losc,
protégé par les fioles magiques de Vaudou Halihodzic et de Dagrigri Bakari, tous nos concurrents
directs au classement ont marqué le pas : Auxerre et PSG piétinent avec 1 point seulement
à domicile, et Lyon chûte assez lamentablement à Metz. Donc pas d'effets réellement
notoires au classement. C'est toujours mieux pour le moral.
On ne sait pas encore si l'équipe a vraiment du caractère (ou un autre mot commençant par C), mais ce dont on est en revanche
certain, c'est que le Staff en a. Contrairement à ce qui s'était passé il y a un an à
l'entame de l'infernale dégringolade, le duo Bergues-Muller saura prendre ses
responsabilités tout en plaçant les joueurs devant les leurs. Et ça, ce n'est pas pour nous
déplaire…
Surtout, Lens adore par tradition ces gros matchs à enjeu abordés en tant que
challenger. C'est dans cette configuration que notre RC Lens s'est toujours montré
le meilleur. La défaite à Monaco nous a remis juste derrière la belle machine à Guy Roux,
et devrait de surcroît nous redonner à voir une équipe Sang et Or revancharde. C'est
dire la promesse de cette affiche, qu'on espère voir se disputer devant un Bollaert de
nouveau frémissant et assourdissant. Et surtout pas blasé par les cinq victoires, ni vexé
par la défaite à Monaco...
On peut donc légitimement se montrer inquiet de cette défaite en Principauté,
mais en même temps rester serein pour l'avenir. Le staff est aux aguets, les joueurs
ne veulent plus revivre de périodes troubles, et Bollaert veut des gros matchs.
Alors, Lens, auras-tu du cœur samedi ? |
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ET VOUS, QU'EN PENSEZ-VOUS ? |
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