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 Repenser l'avenir | | On fait quoi ?
Par G. Elie Date 20/3/2001
La vie du RC Lens subit actuellement de singuliers contrastes. Alors que l'équipe s'est replongée dans le néant sportif, son Président se lance seul dans de pharaoniques projets de développement. Tout cela a le don de nous plonger dans la plus totale perplexité... |
ON A PERDU LE FIL |
Gervais Martel, en bon Président visionnaire et en parfait
chef d'entreprise, n'a qu'un souci en tête : développer son club. Et c'est bien légitime. Ce qu'il
a su faire en dix petites années de ce club endetté et plongé dans les douloureux combats d'une
D2 -qui n'était à l'époque même pas encore « super »- est admirable. Mais ses nouveaux projets de
développement nous donnent l'impression d'une dangereuse fuite en avant : boutique doublée, offre
VIP également doublée, stade agrandi à une capacité équivalente à celle du Vélodrome… Le tout
venant s'ajouter à ce qui a déjà été fait ces dernières années : abonnements toujours plus chers,
merchandising tout azimut (des gadgets les plus ridicules aux trois maillots qui changent chaque
année), et surtout -gestes ô combien symboliques- l'élimination progressive des hommes qui
portaient et sublimaient les valeurs du club.
Où est le fil conducteur d'une telle politique ? Il n'y en a qu'un : celui d'amasser le maximum
d'argent.
Martel fonce sans se retourner sur les dégâts que cela occasionne pour l'image du club et pour
l'état d'esprit des supporteurs.
L'image, elle s'est sérieusement écornée depuis l'état de grâce du titre. Et ce sont nos voisins
du Nord et des Ardennes qui ont admirablement repris le flambeau du courage, de l'humilité,
de la simplicité, avec les résultats sportifs que l'on sait. Quant aux supporteurs, il leur est
demandé de dépenser sans compter, pas de se dépenser. Peu importe qu'ils soient aujourd'hui
si perturbés…
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LA FUITE EN AVANT |
Pourquoi une telle attitude mercantile ? Ce n'est bien entendu pas
par pur intérêt, c'est tout simplement une nécessité pour un club qui a décidé de se passer de gros
partenaires financiers. Entendons-nous bien : aucune entreprise n'est prête aujourd'hui à investir
grassement dans un club si on ne lui en laisse pas la prise de pouvoir. Pourquoi Pathé, Canal+ ou M6
s'amuseraient-ils à donner des sommes conséquentes à Lyon, Paris ou Bordeaux juste pour le plaisir
de s'entendre dire « merci et à l'année prochaine pour le chèque » ?
Gervais Martel a décidé de
rester contre vents et marées seul décisionnaire à la tête du RC Lens, il en assume les conséquences :
pas de gros investisseur, et donc un besoin vital de ramener toujours plus de recettes.
Lui l'assume, mais nous ? |
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LES QUATRE-VINGT TRIOMPHANTS |
Interrogé il y a à peine un mois, Gervais Martel se
réjouissait de l'état de santé de son club, déclarant sans ambages que son RC Lens était
florissant à 80%. La seule petite ombre venant des 20% liés aux aspects sportifs. Ce serait
tellement formidable si un club pouvait se passer de ces 20% tellement embêtants et si aléatoires…
Pourtant, ces fameux 20% sont les seuls aspects qui nous donnent envie de venir remplir un
stade de 60 000 places, de payer toujours plus cher notre abonnement, d'acheter tel un mouton
le maillot de l'équipe triomphante, de porter des gadgets estampillés d'un blason qui nous rend
fier.
Que se passera-t-il lorsque notre Racing poursuivra sa descente aux enfers ? Il sonnera creux,
le gigantesque Bollaert plein de 12 000 personnes; il va s'ennuyer ferme, le barman du
super-espace VIP avec trois commerçants locaux; ils vont pouvoir jouer au foot, les vendeurs désoeuvrés
dans la méga-boutique désertée …
Parce qu'aujourd'hui, le public se contente de râler et bougonner.
Mais lorsqu'il ne s'identifiera plus du tout dans son club, il ne faudra plus compter sur
lui pour jouer les « investisseurs ». |
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Qu'en pensez-vous ? |
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