La pluie avait sagement attendu le coup
de sifflet d'engagement pour commencer à tomber et détremper le terrain,
prémouiller le maillot des joueurs, et arroser les spectateurs. Par sa
grande expérience, Wallemme avait opté pour des chaussures vertes fluo
pour être sûr de retrouver ses pieds dans la gadoue, à moins que ce ne
soit pour s'assurer que les gens remarquent bien combien il peut encore
courir.
Cette pluie qui avait rendu le ballon
pour le moins humide allait précipiter l'ouverture du score pour Lens dès
la 6eme minute. D'une frappe pas si sèche, forcément vu ce qui tombe,
Daniel Moreira tire et en se trouant, Fabien coule. Le 10 lensois fut très
en vue durant tout le match, tant dans l'animation du jeu dans un rôle de
meneur, que dans les occasions qu'il sût se procurer, comme ce "kung-fu"
spectaculaire qui rata malheureusement le centre de
Pedron.
Le but finit de lancer le match, et,
pendant toute la premiere mi-temps, la pression monta pour atteindre 2
barres, 1 de chaque coté. La blessure de Pedron fit pencher la balance en
faveur des Bourguignons. Remplacé par un Sarr transparent, le RCL sembla
avoir perdu de son allant et de sa percussion, laissant les attaquants
auxerrois s'amuser et profiter d'une défense lensoise qui prend petit à
petit l'eau comme ma parka, pour égaliser juste avant la
pause.
Alors que la mi-temps voyait le Touquet
et Cambrai s'affronter dans le challenge Wanadouche dont les spectateurs
endurèrent les bétises sous une pluie toujours battante, nul doute que,
dans le même temps dans les vestiaires, Joël Muller trouva les mots pour
recadrer l'équipe, suite aux flottement de la fin de première
mi-temps.
En effet, ce fût un Lens bien moins
attentiste qui passa la deuxième mi-temps à tenter de franchir le barrage
auxerrois mais en vain (de Bourgogne). Auxerre joue la montre avec un
changement de Kapo façon escargot (de Bourgogne aussi). Et l'expulsion de
Diabate ne changera rien à l'affaire, la défense composée de l'ensemble de
l'AJA saura rester au sec, tout comme leur entraineur que l'on ne verra
pas sortir de son abri sur le banc de peur de se mouiller. A croire que,
comme le proclame la publicité dans le stade, telle la chicorée, le Roux
est soluble.
Côté Joël Muller, le style est
différent. Autant Guy Roux ne bouge pas de son banc et profite d'une
stratégie définie d'avance, autant l'ancien messin (qui a bizarrement
choisi des parkas grenats... nostalgie ?) s'agite, procéde constamment à
des ajustements, recadre ses joueurs, s'accroche avec le quatrième
arbitre. Manifestement, l'entraîneur lensois est sous la pression des
circonstances du match, en particulier la blessure de Pedron et
l'impuissance à franchir la muraille Auxerroise.
Mais l'agitation de Muller et ses
changements tactiques et de joueurs, dont la bonne rentrée de Sibierski,
n'ont pas suffit et c'est donc sur un partage presque logique des points
que le match se termine. Certes, l'absence de victoire du RCL est
frustrante, mais la volonté affichée reste encourageante pour la suite du
championnat. |