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 Un exemple a suivre | | La Formation du RCL
Par RV Date 3/5/2001
La fin de saison 2000-2001 arrive enfin (eh oui, il reste encore trois matches à disputer !) et on se prépare déjà en coulisses pour le prochain exercice.
Samedi dernier, le partage des points en terre stéphanoise a permis d'assurer le maintien en 1ère Division.
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Dans
cette équipe, il y avait 7 joueurs issus de la région Nord Pas de
Calais (Sikora, Pierre-Fanfan, Brunel, Moreira, Debève, Blanchard
et Sibierski).
Malheureusement,
sur ces 7 joueurs, seuls deux proviennent du centre de formation
lensois.
Faillite
ou chantier à peine entamé, la formation des joueurs est un
domaine brûlant à l'heure du "football bizness".
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UNE OBLIGATION POUR LENS
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Historiquement,
le Racing Club de Lens s'est toujours appuyé sur un vivier
important de joueurs venant du cru, de Lens et des environs ou, plus
globalement, de la région Nord Pas de Calais, ce qui en a fait une
des valeurs fortes du club. Les supporters pouvaient ainsi se
retrouver dans les joueurs évoluant à Bollaert puisqu'ils étaient
du coin !
A
une époque où les transferts tels qu'on les connaît
aujourd'hui n'existaient pas, pour monter une équipe compétitive,
il valait mieux utiliser les talents locaux, issus de
l'immigration polonaise et des cités minières qui entouraient
Lens. Tout le monde se souvient des Ignace Kowalski, Stephen
Dembicki dit Stanis, Maryan Wisnieski, Theodore Skudlapski dit Theo,
Bernard Placzek, Georges et Bernard Lech, Henri Moskala, Arnold
Sowinski, Richard Krawczyk, et bien d'autres …
Aujourd'hui
encore, même si le club lensois possède un des plus importants
budgets de France, il n'a pas les moyens de lutter avec les plus
gros clubs français (Lyon, PSG, Monaco) et surtout européens quand
il s'agit d'attirer un joueur sous ses couleurs.
Mieux
vaut alors être capable de "sortir" chaque année des
joueurs de son centre de formation afin d'en alimenter l'équipe
première.
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UN GROS CHANTIER !
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A
l'automne 2000, lors de la pose de la première pierre du nouveau
centre de formation du Racing Club de Lens à Avion, Gervais Martel
avait ces mots : "Construire ce centre de formation
aujourd'hui, c'est préparer l'avenir."
Cette
phrase, qui ressemble à une "Lapalissade", n'en est pas
moins révélatrice de la situation difficile dans laquelle se
trouve aujourd'hui le club lensois. En effet, même si des joueurs
originaires de la région Nord Pas de Calais jouent sous les Sang et
Or, la majorité n'a pas été formée à Lens.
La
formation "à la Lensoise" s'est d'ailleurs quelque
peu éteinte depuis les années 80. Le palmarès des équipes de
jeunes est d'ailleurs éloquent : Lens a remporté la Coupe
Gambardella en 1956-1957, 1957-1958 et en 1991-1992, et finaliste en
1994-1995.
Lens
a également été champion de France cadets en 1977-1978,
1980-1981, 1984-1985, 1985-1986 et finaliste en 1982-1983.
Enfin,
Le Racing Club de Lens a été sacré meilleur club de jeunes en
1982.
Depuis,
plus rien, pas un seul résultat encourageant, mis à part cette année
où l'équipe réserve est en tête de son Championnat de France
Amateur. Elle est toutefois régulièrement renforcée avec des
joueurs professionnels qui ne sont plus en odeur de sainteté en
Division 1 (Grozdic, Diouf, Bouisset, …)
Cependant,
le plus grave est sans doute la façon dont les équipes de jeunes
ont été gérées à Lens ces 10 dernières saisons. Sur 30 ou 40
joueurs à chaque niveau (moins de 13 ans, moins de 15 ans, moins de
17 ans …, plus de la moitié des effectifs sont renouvelés chaque
saison, avec des joueurs venant d'autres clubs français, mais
aussi d'Afrique ou d'Europe de l'est.
Aucune
stabilité n'étant assurée, les jeunes joueurs s'en trouvent
donc désorientés et les changements d'entraîneurs et de
politique sportive sont légion dans les équipes de jeunes.
Dans
l'effectif actuel, seuls Eric Sikora, qui effectue sa 20ème
saison au club et va disputer ce vendredi son 400ème
match sous le maillot Sang et Or, Philippe Brunel, qui a débuté
sous le maillot de Boulogne et qui évolue à Lens depuis 1991 et
Franck Queudrue, qui a effectué sa première rencontre
professionnelle en 1999, jouent assidûment en équipe première après
avoir fréquenté le centre de formation lensois.
C'est
bien peu, surtout lorsqu'on parle du retour au club de Jean Luc
Lamarche, l'ancien directeur sportif de Lens et du PSG. Celui que
certains représentent comme un grand gourou du recrutement vient
tout de même de montrer ses limites très récemment.
D'une
part, il a dépensé sans compter plus de 500 MF en début de saison
à Paris pour recruter à tout va des joueurs qui n'évoluent déjà
plus au PSG.
D'autre
part, on ne compte plus les jeunes joueurs qu'il a recruté pour
le Racing Club de Lens et qui ont quitté le club, sans jamais avoir
eu leur chance en équipe première. Ceux ci font d'ailleurs
maintenant le bonheur de nombreuses autres équipes de la région ou
françaises.
Alors,
bien sûr, la formation est nécessaire et obligatoire mais à
condition qu'elle soit bien gérée, par des personnes
intelligentes, pas uniquement en fonction des intérêts financiers
du club, mais aussi en fonction des intérêts sportifs du joueur et
du RCL.
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LES EXEMPLES A
SUIVRE.
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La
victoire de la France en Coupe du monde en 1998 puis au Championnat
d'Europe en 2000 a révélé l'excellence de l'exemple français
en matière de formation. Cependant, certains clubs réussissent
mieux que d'autres dans ce domaine.
Ainsi,
le LOSC, qui a remporté il y a 2 saisons la coupe Gambardella, évolue-t-il
cette année au plus haut niveau de la division 1 l'année de sa
remontée. Il n'y a là pas de miracle, les joueurs composant
cette équipe (Riad Hammadou, Benoît Cheyrou, Christophe Landrin,
Djezon Boutoille, …) se connaissent depuis longtemps, évoluent
ensemble et ont effectué leurs classes au sein de équipe de jeunes
de la métropole lilloise ou bien même à Lens pour certains !
L'Olympique
Lyonnais trustent depuis plusieurs saisons les titres en équipes de
jeunes et la réussite rejaillit aujourd'hui sur l'équipe première.
Il ne fait pas s'étonner de voir Jérémie Brechet, Davide
Linares, Steed Malbranque, Sidney Govou ou Franck Ribeiro devenir
des joueurs indispensables dans une équipe aussi bâtie à coups de
millions de francs.
Mais
le maître incontesté en matière de formation est bien entendu le
FC Nantes Atlantique, en tête du championnat de France et en passe
de s'adjuger son 8ème titre national. Sur l'équipe
type alignée, seuls trois joueurs ne sortent pas du moule de
formation à la nantaise : Nestor Fabbri, Eric Carrière et
Viorel Moldovan. Le jeu à la nantaise (©) bénéficie du travail
mis en place depuis les années 60 par José Arribas et repose sur
des préceptes simples : l'intelligence de jeu, le mouvement,
le physique et bien sur l'altruisme.
Bien
que régulièrement pillés par des clubs français ou étrangers,
le FCNA parvient toujours à faire éclore de son centre de la
Jonelière une génération dorée qui fera une nouvelle fois les
bonheur des équipes nationales françaises.
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Le
Racing Club de Lens, en investissant plus de 70 MF dans la construction de ce
nouveau centre d'Avion cette saison, semble prendre enfin la voie de
l'intelligence et de la préparation de l'avenir par la formation. Espérons
que cela ne sera pas uniquement pour vendre ces joueurs sans les avoir fait évoluer
une seule fois en Sang et Or en 1ère division et
pour remplir les caisses du clubs et d'éventuel futurs actionnaires
…
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Qu'en pensez-vous
? |
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