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 Le Sauveur Lensois | | Lens/Bordeaux
Par Denis Luczak Date 29/12/2000
Un drôle de match. Ce fut un match fou, tendu à la hauteur de l'enjeu.
Pour moi, en cas de victoire lensoise, Lens pouvait jouer le titre. Par contre, en cas de défaite, nous ne pouvions espèrer que le milieu de tableau. |
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La synthèse du match |
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Avec ce
match nul, je ne sais quoi penser. Tout n'est pas joué mais
certaines carences lensoises sont symptomatiques et
inquiétantes. Nous limitons la casse en restant à cinq
points du premier mais il faut absolument gagner à
Auxerre sous peine de glisser petit à petit dans le ventre
mou du classement.
Le match débuta par une période d'observation malgré
une petite domination lensoise et quelques actions bien
contruistes mais tout s'emballa lorsque Coly fit une faute
pas très jolie et Ramé traversa la moitié de la largeur
pour mettre son grain de sel. Ce fut le tournant de la
première mi-temps. Ramé reçut les sifflets du public et il
les garda tout le long du match (c'est à mon avis bien
mérité) et les Lensois craquèrent face à ces actes
d'anti-jeu bordelais, Bordelais que je trouve roublard,
faux, vicieux, faisant un nombre incalculable de fautes
pas méchantes mais d'anti-jeu et l'arbitre fut rapidement
dépassé oubliant un nombre important de fautes (des
deux côtés).
Les Lensois s'énervèrent donc et notamment Coly qui
d'une part loupa complètement son match (il sortit
d'ailleurs à la mi-temps) et d'autre part offrit le
premier but bordelais en perdant la balle au milieu de
terrain. 0-1 sur la première incursion girondine, holp-up
parfait ! Je ne tiens pas ici à jeter la pierre à Coly que
je trouve excellent mais il est peut-être un peu jeune,
manquant d'expérience face aux provocations
bordelaises.
Mais le pire était à venir juste avant la pause sur un
centre anodin repris par Wilmots entre Dumas de
Queudrue (qui est un peu juste pour ce niveau) qui
oublièrent étrangement de sauter. 0-2 à la pause. KO en
deux occasions et deux fautes d'inattention lensoises.
Les Lensois mirent tout de suite la pression sur les
bordelais pendant dix minutes en deuxième mi-temps,
malheureusement sans succès, et le match et les tribunes
tombèrent dans un demi-sommeil inquiètant. Rien ne
semblait bouger, Lens étant incapable de bouger le bloc
bordelais.
Mais à ce moment, un acte stupide, idiot, une faute
professionnelle de Legwinski allait changer le match.
Alors que l'arbitre avait sifflé une faute pour Lens, il
récupéra la balle et lança Pauletta. Carton jaune. Son
deuxième et donc carton rouge ! A ce niveau de
compétition, en ayant déjà un jaune, comment un joueur
soit-disant professionnel peut-il commettre une pareille
bévue ?
Le stade et les joueurs Sang et Or reprirent espoir et les
sauveurs s'appellèrent El Hadji Diouf et Antoine
Sibierski qui retrouve ses sensations et redevient à
Bollaert ce qu'il était à la beaujoire. Tant mieux pour
nous. Bref après un excellent travail de Diouf sur le côté
droit qui adressa un centre dégagé par Roche sur
Sibierski, celui-ci adressa une frappe qui trompa enfin
Ramé ! Le public explosa et les joueurs se sont
transcendés !
Et deux minutes plus tard, Diouf, l'homme du match,
égalisa. Un formidable espoir envahit tout le stade et si on savait que
Bordeaux n'avait plus les moyens de gagner, Lens
pouvait-il l'emporter ? Oui je le pense mais
malheureusement les joueurs ont laissé beaucoup de
forces dans la bataille et il restait trop peu à jouer.
Dommage.
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On a aimé... |
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En premier lieu, lors de la fouille à l'entrée du stade,
d'habitude les CRS sont d'une politesse toute relative
pour ne pas dire inexistante. Et là, même si le CRS n'a
pas été le premier à dire bonjour, je fut étonné par son
merci à la fin ! C'est bien la première fois que je
rencontre un CRS poli ! Bravo donc à ce CRS et j'espère
que cela donnera des idées à ses collègues. Ca ne peut
qu'améliorer les relations entre forces de l'ordre et
supporters.
Le deuxième petit événement est l'anniversaire de
Capitaine Siko : 20 ans au club ! C'est tellement rare en
ce moment dans le football que ca mérite d'être salué.
Bravo à toi Eric et puisses-tu vivre et nous faire vivre
encore de grands moments.
Je me satisfait largement de ce match nul en étant mené
0-2 à la mi-temps. Ce match me laisse cependant des
regrets car Bordeaux était prenable avec un peu plus de
rigueur et des schémas tactiques plus audacieux. Ils ne
méritent pas leur place de premier, ni par leur jeu (même
s'ils savent mener le contre de manière admirable), ni par
leur comportement vicieux. Si nous restons invaincu à
domicile, même de façon miraculeuse, Lens a encore perdu
deux points sur son terrain.
Le gros point positif est cependant la révolte du groupe
pour revenir au score et ne jamais abdiquer. Chapeau les
gars ! Des qualités morales sont aussi importantes que des
qualités techniques comme le prouve régulièrement des
clubs comme Sedan, Troyes ou Lille. |
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On n'a pas aimé... |
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Les points négatifs par contre sont plus nombreux.
D'abord, j'ai été extrêmement étonné de la tactique de
Courbis lorsque j'ai entendu la feuille de match. Voici la
liste des titulaires : Gus, Sikora, Dumas, Pierre-Fanfan,
Queudrue, Rool, Coly, Blanchard, Diouf, Fuertes, Sakho !
Bref, une équipe à vocation défensive sans milieu de
terrain et surtout sans meneur: Sibierski, Moreira et
Coridon sur le banc ! Pourquoi ? Je ne comprends pas
comment il peut espèrer une victoire sans créateur. Et
pendant le match, il fit sortir Queudrue, Coly et Rool
(sur blessure) pour les remplacer par Sibierski, Moreira
et Coridon mais trop tard, bien trop tard.
Le problème de l'absence du milieu de terrain fut
flagrante en deuxième mi-temps. Il n'y avait que deux
lignes espacées de vingt/trente mètres. Quand les
défenseurs avaient la balle, aucune solution ne s'offrait à
eux, si ce n'est balancer devant ! Un régal pour les
défenseurs adverses.
Les solutions offertes au porteur de la balle. Voici un
autre grand problème. Ce porteur était toujours chargé
par deux, trois voire quatre bordelais mais aucun Lensois
ne faisait l'effort de se démarquer pour lui offrir une ou
plusieurs solutions. Personne non plus pour prendre les
couloirs.
Or ces solutions sont données surtout par un milieu de
terrain qui descend chercher les balles et qui les montent
aux attaquants. Là il n'y avait pas ce lien. Sans compter
qu'aucun Lensois n'était présent pour reprendre une balle
dégagée par les Bordelais aux trente mètres. Bref il
manquait une certaine cohérence dans les lignes.
Vivement la trêve pour digèrer cette première partie de
saison et pour remettre de l'ordre dans l'équipe. Pour
avoir un printemps qui chante... |
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