L'Association Sportive de Monaco sort d'une grave crise interne mais
semble retrouver des couleurs et de l'ambition après la mise à
l'écart de ses deux stars italiennes, Panucci et Simone. Après deux résultats positifs
contre Troyes à domicile et à Bordeaux, Monaco accueille
Lens, leader du championnat, dans une phase ascendante et se prend à
rêver de faire subir à Lens sa première défaite du
championnat.
Le stade Louis II
accueille une assistance honorable (7000 spectateurs) pour ce match
de gala, qui se jouera sous les yeux du Prince Rainier, banquier
bienfaiteur de ce club un peu surréaliste qu'est l'AS Monaco. Les
fidèles supporters lensois garnissent presque totalement la tribune
réservée aux visiteurs, venus de la région Nord & Pas de Calais
(un coup de chapeau à tous ceux qui entreprennent un déplacement
aussi long) mais aussi des régions avoisinantes (Var, Savoie) où les
supporters éloignés du RC Lens ont organisé des déplacements en car
pour venir soutenir leur équipe à Monaco.
On
attend du RC Lens qu'il confirme son excellent début de saison,
et reste invaincu à l'issue de la 8ème journée du championnat.
Joël Muller doit se méfier du retour en forme de Monaco, car il a
choisi une option très défensive pour l'équipe qui va démarrer le
match. Par rapport à l'équipe type habituelle des derniers
matchs, Joël Muller titularise le défenseur Djimi Traoré, dont c'est
le premier match sous les couleurs lensoises, sur le seul poste
ouvert de l'équipe, habituellement occupé par Coridon ou
Debève.
Côté monégasque,
Didier Deschamps est confronté à de nombreuses absences de ses
attaquants, et a également composé une équipe plutôt défensive, avec
un seul vrai attaquant.
La première
demi-heure du match, arbitré par M. Bré, confirme les options
défensives des deux équipes, qui restent sur leurs gardes et ne se
livrent pas en attaque. Lens maîtrise sans grande difficulté les
offensives du seul Nonda, soutenu par Giuly et Gallardo, et
réciproquement Monaco n'est pas mis en danger par les quelques
attaques lensoises menées par Diouf, Moreira et Pédron.
Les supporters
lensois profitent du silence monégasque pour faire entendre leurs
chants, et assurent pour l'essentiel le fond sonore du stade Louis
II.
On attend le déclic
qui va lancer le match, en espérant qu'il vienne du côté lensois,
mais c'est Monaco qui force le destin à la 34ème minute avec un tir
de Nyarko détourné involontairement par Wallemme. Warmuz est pris à
contre-pied et ne peut stopper le tir.
Le public monégasque
se réveille quelques secondes pour saluer ce but, et le "kop"
monégasque se fend d'un lâcher de confettis multicolores.
C'est la première
fois que Lens est mené cette saison. On attend une réaction
offensive de nos joueurs, qui ne vient pas vraiment, et la mi-temps
sera sifflée sur le score de 1-0 en faveur des
monégasques.
On espère que la
mi-temps sera mise à profit pour redonner aux lensois un état
d'esprit offensif. Peine perdue puisque le match redémarre sur le
même faux rythme, et dès la 48ème minute Monaco marque un second but
suite à une attaque de Nonda sur la côté droit qui centre pour
Gallardo complètement isolé, le tir de Gallardo est contré par
Coulibaly mais Giuly récupère à 15 mètres des buts et ajuste Warmuz
d'un tir au ras du poteau droit.
Le public monégasque
se réveille quelques secondes pour la deuxième fois, deuxième lâcher
de confettis, et reprise de la sieste.
Il n'y a plus rien à
perdre maintenant et il faudrait que Lens se rue à l'assaut des buts
monégasques. Mais ce n'est malheureusement pas le cas, et nos
joueurs se contentent d'assurer une domination stérile sans mettre
en danger le gardien monégasque. Mais Monaco est maintenant en
confiance avec ses deux buts d'avance, et à la 54ème minute Gallardo
lance Rool sur le côté gauche, Rool élimine Wallemme, et centre
immédiatement de l'extérieur du pied gauche un ballon que Nonda,
pourtant à la lutte avec Ismaël, reprend de belle manière pour
tromper Warmuz.
Le public monégasque
se réveille quelques secondes pour la troisième fois, troisième
lâcher de confettis, et cette fois petit fond d'ambiance de la part
du "kop" monégasque, qui profite du découragement de la tribune
lensoise pour se faire - très légèrement - entendre.
A 2-0 on pouvait
conserver quelques espoirs de revenir au score, à 3-0, compte tenu
de la physionomie du match jusqu'à présent, c'est mission
impossible. On espère au mieux sauver l'honneur et surtout ne pas
prendre plus de buts. Joël Muller sort de sa réserve défensive, et
remplace Coly par Sakho puis Traoré par Queudrue. Avec trois vrais
attaquants on espère un peu plus de mouvements offensifs devant,
mais le moral est cassé, et nos joueurs se battent plus par orgueil
que pour gagner le match. C'est néanmoins à cette période que Lens
aura ses occasions les plus nettes : un bon centre de Sakho qui ne
pourra être repris, un tir de Diouf à la lutte avec Pierre-Fanfan
sur le petit filet extérieur, reprise ratée de Ismaël sur corner,
tir sur coup-franc de Pédron contré par Giuly, tir au ras du poteau
de Ismaël suite à un coup-franc en deux temps.
Le score en restera
là malgré quelques dernières contre-attaques monégasques.
Les statistiques
défavorables pour Lens des 40 matchs Monaco-Lens déjà joués - 28
défaites pour 40 matches - se sont malheureusement confirmées pour
ce 41ème Monaco-Lens, qui se solde par une lourde défaite de notre
équipe, à l'issue d'un match globalement décevant.
La défaite face à
Monaco n'est pas déshonorante, car Monaco retrouvera prochainement
sans aucun doute sa place parmi les meilleures équipes de notre
championnat, mais il est inquiétant que Lens ait joué de façon aussi
timorée et n'ait pas eu de réaction digne d'un leader. Joël Muller
et l'encadrement du club devront faire en sorte que ce coup d'arrêt
brutal dans le parcours de Lens en championnat ne remette pas en
cause la bonne dynamique du début de championnat.
L'avis des supporters Monégasques
: "Sans se forcer, Monaco a battu logiquement le
désormais ex-leader lensois par 3 buts à
0. Exemplaires de maîtrise et de réussite offensive les joueurs monégasques prennent petit
à petit conscience de leur force et de leur marge de
progression qui semble encore conséquente."
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