Réitérer l'exploit
de l'an dernier était le souhait de chacun des supporters mais le
Racing savait que chercher une victoire sur le terrain des champions
de France en titre allait être difficile, l'euphorie du titre et le
nombre d'abonnés (22000 : un record pour le club) devaient faire du
stade un enfer jaune et vert.
A notre grand
étonnement, il n'en fut rien. A part une faible ovation et un
"hymne-karaoké" si ridicule que le public n'osait le reprendre
malgré les paroles sur le tableau d'affichage, la Beaujoire ne
laissait rien montrer que son club fut à la tête de l'élite du
football Francais. En face, c'étaient plusieurs centaines de fans
Lensois qui chantaient les louanges de leur équipe d'une manière à
la limite de l'insolence: "La Beaujoire, c'est nous..."
Nous ne somme qu'à
l'échauffement, et déjà supporters et joueurs se montrent
solidaires, à l'image des footballers artésiens se tenant les
épaules, en cercle, dans une sorte de rituel d'avant-match. Le calme
avant la tempête ?
Coup de sifflet de
M. Poulat et le match démarre sous le vent du Nord. Lens entame sa
partie de manière tonitrante, lance de nombreuses attaques, enchaine
les courses et presse très haut des Nantais abasourdis qui devaient
plutot s'attendre à des Lensois prudents et retranchés dans leur
surface. Le passage de la tornade n'aura duré que quelques minutes
mais celle-ci aura laissé des traces dans le mental des
Bretons...
S'ensuivra,
logiquement, une phase d'observation entre les deux équipes. Cette
période permettra à Nantes d'essayer de construire des mouvements
d'attaque, mais ceux-là seront très facilement stoppés par un bloc
défensif Lensois rigoureux et compact. A l'inverse, ces derniers
tenteront quelques contre-attaques sans prétentions qui feront à
peine frémir Mickael Landreau. Bref, ça essaye et ça teste mais ça
ennuie surtout le spectateur qui aimerait bien un petit quelque
chose à se mettre sous la dent...
Sentant qu'il y a
peut-être un coup à faire, le public sang et or, encourage plus fort
son équipe dans un stade malheuresement dénué de vie. Et ce sera
Daniel Moreira qui le récompensera de son effort. En effet, à la
suite d'une transversale de Ferdinand Coly, Stéphane Pedron sert son
attaquant qui d'un amorti de poitrine enchaine avec un crochet
droit, élimine et ridiculise Nestor Fabri et s'ouvre la voie des
buts à l'aide d'un tir du gauche. A la demi-heure de jeu, on se
serait bien pris une frite, mais on a eu droit à du caviar, à la
place...
La fin de la
première période verra des Nantais qui tenteront de réagir mais ne
feront rien de mieux qu'un jeu brouillon, à peine l'ombre de celui
qu'ils pratiquaient l'an passé, et ce, malgré Olivier Quint qui
tentera tant bien que mal de créer du mouvement à l'attaque. A
l'inverse, la défense Lensoise gèrera son match sereinement montrant
des joueurs solides et solidaires.
Malheuresement, la
seconde période sera du même accabis : Nantes bafouille et Lens
gère. Il faudra attendre les venus de M.Vahirua (56e) et de de W.
Dalmat (62e) pour voir une attaque digne de ce nom, P.Y. André et V.
Moldovan n'ayant brillé que par leur invisibilité.
Cet apport de
technique et de vitesse va destabiliser le bloc Artésien,
imperméable jusque là, laissant à Nantes quelques actions très
dangereuses. Et, à défaut d'un but dans le cours du jeu,
l'égalisation viendra sur pénalty à la suite d'une faute litigieuse
sur Nestor Fabbri. Olivier Quint prend Warmuz à contre-pied et
Nantes revient à la marque, ce qui permet à la Beaujoire de chanter,
timidement, pour la première fois de la partie.
Les canaris
reprennent confiance, surtout depuis l'entrée de S. Ziani (70e), et
le racing se contenterait bien du match nul, mais se serait sans
compter les supporters qui se verraient bien repartir avec les 3
points. Poussés par les leurs, Lamine Sakho (entré à la 70e) et El
Hadji Diouf réagissent plutôt positivement et se montrent plus
présents en attaque.
Des efforts
récompensés par un nouveaux but : une tête puissante de Diouf,
légèrement décroisée, servie par Sakho, trompe Mickael Landreau et
permet au RCL de mener pendant les dernières minutes du
match.
Nantes aura beau
lancer ses dernières forces dans la bataille, le score ne changera
pas. |