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 la surprise du chef | | CETTE FOIS, C'EST DU SERIEUX !
Par Elie Date 11/9/2001
Au début de la saison, personne n'osait vraiment croire à la métamorphose lensoise. Six journées plus tard, il faut bien se rendre à l'évidence : cette équipe pourrait bien nous amener beaucoup de bonheurs cette saison. Assumons notre gourmandise dans cette chronique résolument optimiste... |
DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG...
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Au-delà des points (14 sur 18 possibles) et du
classement (1er ex-aequo), il est des chiffres qui nous font infiniment plaisir :
Marquer 10 buts en 6 matchs, c'est un tableau de marche supérieur à celui des autres
saisons : après six matchs en 97, Lens avait inscrit 7 buts (saison du titre !), puis 4
seulement en 99 (pauvres de nous), et enfin 9 la saison passée.
Un de plus seulement que la saison passée: comme vous êtes attentifs, vous me direz que ce
n'est pas très significatif. Oui, mais c'est sans compter sur de sacrées différences sur
le fond : Lens avait joué deux fois (et à domicile) contre deux promus (Guingamp et Toulouse), alors que cette saison l'équipe a déjà rencontré les trois équipes françaises qui vont
disputer la Champion's League, et contre le favori logique du championnat (PSG, par
ailleurs Bête Noire© officielle de Lens depuis 1973).
Trois des neufs buts lensois de l'an passé (huit si l'on enlève le csc d'Auxerre) avaient
été inscrits par des défenseurs, et autant sur coups de pieds arrêtés. Cette saison, en
dehors du coup de tête de Valérien Ismaël sur corner lors de la première journée, tous les
buts ont été inscrits sur des actions construites, et par des joueurs offensifs.
Dernier chiffre qui parle tout seul : au cours des six matchs joués cette saison, Lens a
toujours ouvert le score, à Bollaert comme à l'extérieur. C'est le signe fort d'une
volonté inébranlable d'aller de l'avant.
Voilà qui veut dire beaucoup de choses : Lens joue, Lens construit pour attaquer, Lens
marque. Et Lens donne du plaisir !
Sans aller jusqu'à formuler des regrets éternels, on peut même affirmer qu'il s'en est fallu
vraiment de peu (quelques minutes) pour que le total actuel de points soit plus
proche de 18 que de 14…
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DES COMPORTEMENTS QUI PARLENT D'EUX-MEMES
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L'observation, bien que subjective, ne laisse pas place au doute en ce qui concerne quelques
phénomènes très intéressants. D'ailleurs, même les médias nationaux commencent à s'en rendre
compte tout seuls, c'est dire si l'évidence saute aux yeux :
A l'exception peut être du match (et de la victoire) à Metz, Lens n'a pas varié d'un iota
dans ses intentions de jeu, dans sa volonté d'aller de l'avant et dans son engagement
irréprochable au niveau de la conquête. Voilà donc une équipe qui s'est ressoudée autour
d'un vrai projet de jeu simple et efficace, et qui s'y tient quel que soit l'adversaire ou
le lieu.
Plus la saison avance, et plus l'équipe joue bien. C'est un étrange paradoxe, mais
Lens a obtenu ses plus mauvaises performances comptables lors de ses deux meilleurs matchs
(Lille et Paris). Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agissait de vrais tests contre ce qui se
fait de mieux actuellement en France dans des registres opposés, et Lens a été par moment
largement et brillamment au-dessus. Et comme l'affirme Bruno Cheyrou, qu'on ne peut guère
taxer d'idolâtre lensophile, " ils sont redoutables, parce que quand il y a l'état d'esprit
et le talent, c'est explosif ! ". Merci Bruno.
Sur le terrain, l'équipe renoue avec la veille tradition lensoise du spectacle. Nous qui
avions été si critiques la saison passée, nous pouvons enfin célébrer le retour des émotions
et du plaisir. Finis les errements de joueurs gênés par leurs chevilles trop gonflées pour
courir, comme en 1999 ; finie la galère ennuyeuse et inefficace du cauchemar courbisien de
2000 ; et place au foot-champagne. Comme en 1997/1998… Même Martel n'en revient pas : " Je
prends énormément de plaisir à voir évoluer cette équipe lensoise. "
Et puis il est d'autres comportements qui sont extrêmement révélateurs. Des
entraînements à chaque fois de qualité avec des joueurs sérieux, appliqués et à l'écoute ;
des matchs amicaux toujours disputés avec intensité et engagement; une ambiance conviviale dans le
groupe, au point que les joueurs arrivent en avance aux entraînements pour s'approprier le
baby-foot amené par Muller dans ses bagages; une participation redevenue active des joueurs
à la vie locale ; ... Bref, autant de signes qui ne trompent pas sur la qualité de l'état
d'esprit des troupes Sang et Or.
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MULLER: LA SURPRISE DU CHEF
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Avec l'annonce de l'arrivée de Muller aux commandes, nous étions nombreux à verser dans le
scepticisme. Fort de son passé messin, on craignait un système de jeu timoré, prudent,
défensif, et une avalanche de matchs nuls. Un Courbis-bis, l'hypocrisie en moins.
En réalité, on a découvert un meneur d'homme respecté et écouté, innovant dans sa construction
tactique (voir son inédite défense à trois stoppeurs), et favorisant un jeu offensif et
créatif.
Mieux, il semble avoir réussi à transfigurer des joueurs aux prestations médiocres ou anonymes des
saisons précédentes : Blanchard, Coly et Corridon sont méconnaissables, Diouf, Sakho et
Moreira créent des différences énormes, Wallemme court comme un cadet et Coulibaly défend comme un
joueur chevronné. Muller a su donner la confiance à ses joueurs, et cela se sent sur le
terrain.
Dernière surprise : la facilité avec laquelle Muller a su gérer les problèmes d'effectif.
Brunel, Fuertes et Rodriguez sont partis sans larmes ni esclandres, et l'équipe-type est,
à quelques exceptions près, déjà immuable. Tout le monde peut donc tirer dans la même
direction. La direction du haut du classement.
Bien entendu, on aura certainement l'occasion dans la saison de déceler ça et là de quoi
alimenter la critique et les regrets, mais pour l'instant il serait ridicule et injuste de
ne pas féliciter un groupe uni, solidaire et pétri de talent. D'autres matchs arrivent, à
commencer par les virevoltants Sochaliens avant deux nouveaux gros matchs (Auxerre et Monaco),
mais si l'équipe continue à croire en ses moyens tout en gardant son humilité, il n'y a
aucune raison que le plaisir ne se prolonge pas.
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ET VOUS, COMMENT VOYEZ-VOUS L'AVENIR ? |
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