Ce match entre le Paris Saint Germain et le
Racing Club de Lens est le match phare du jour entre deux équipes
encore invaincues : l'une, le PSG, ambitieuse par rapport à son
budget et ses "stars" et qui cherche à se rapprocher de la première
place du classement, l'autre, Lens, équipe sans ambition affichée
mais qui, quel que soit le discours officiel du club, commence à
apprécier sa position de leader et voudra conserver sa première
place.
Le Parc des Princes se montre trop petit à
l'occasion de ce match, qui a fait le plein des deux côtés. Beaucoup
de supporters parisiens sont à la recherche de places à vendre.
Trois mille lensois se sont déplacés à Paris, alors que le club
aurait reçu cinq mille demandes. Contrairement à la saison dernière,
l'approche du Parc des Princes est étonnamment facile, en tout cas
pour les supporters qui arrivent individuellement : pas de filtrage
ni de contrôle dans les rues qui mènent au stade, on arrive
directement à l'entrée de la tribune visiteur et un contrôle
simplifié est effectué avant l'entrée dans les gradins.
L'ambiance au Parc des Princes entre les
supporters est toujours un peu spéciale. On retrouve dans ce
déplacement parisien un nombre de supporters lensois atypiques qui
donnent une image assez vulgaire du public lensois, très différente
de ce que l'on voit dans les autres déplacements. La proximité de la
tribune visiteur et de la tribune Boulogne, le principal kop du PSG,
est malheureusement de nature à favoriser les échanges de paroles et
gestes obscènes.
Le summum de l'imbécillité sera atteint lors de
la minute de silence dédiée à un jeune supporter parisien, décédé
suite à un accident de voiture au retour du match intertoto de
Brescia. La minute de silence a plutôt bien commencé mais quelques
crétins des deux camps se sont évertués à échanger des hurlements
qui ont fini par énerver une partie du public, et transformer la
minute de silence en minute de braillement.
L'équipe alignée au départ est comme d'habitude
légèrement différente de celle annoncée sur le site officiel. Sakho
et Debève sont sur le banc des remplaçants, et Moreira et Coridon
sont titulaires. Queudrue est bien de retour comme remplaçant, et a
donc été préféré à Djimi Traoré, la dernière recrue
lensoise.
Les équipes jouent sous leurs couleurs
habituelles, et la rencontre est arbitrée par M. Veissière. Le match
débute par une légère domination des parisiens, qui ne mettent pas
vraiment en danger la défense lensoise. La première occasion
sérieuse se produisant à la 13ème minute avec un tir de Arteta sur
la gauche de Warmuz, qui doit plonger pour arrêter le
ballon.
Les lensois contrôlent néanmoins bien les
offensives parisiennes et savent aussi se montrer dangereux en
attaque grâce au duo Moreira/Diouf, bien inspiré ce soir. A la 17ème
minute Pédron déborde sur le côté droit le long de la ligne de
touche et Létizi sort imprudemment de ses 18 mètres, mais réussit à
passer la balle à Potillon. Diouf, en embuscade, lui chipe le ballon
dans les pieds et passe à Pédron. Pendant que Létizi retourne en
courant vers son but, Pédron ajuste un magnifique tir brossé et lobé
qui pénètre dans la lucarne gauche du but parisien. Pour ceux qui se
souviennent du deuxième but lensois à Nantes la phase initiale de
récupération était tout à fait semblable, avec cette fois-là Sikora
et Sakho qui centre pour Diouf. Voilà qui montre l'importance de se
battre sur toutes les balles. Par la suite Lens continuera à se
montrer bien inspiré, et à mener de bonnes attaques sans toutefois
être franchement dangereux pour son adversaire, tout comme
d'ailleurs le Paris Saint Germain ne se montrera pas plus dangereux
pour Lens. La mi-temps survient sur le score de 1 à 0 pour notre
équipe.
Profitons de la mi-temps pour dire quelques
mots sur l'ambiance du Parc des Princes. D'abord que l'architecture
du stade favorise le niveau sonore, ensuite que les kops parisiens,
Boulogne et Auteuil, coopèrent probablement mieux que les groupes de
la Marek à Bollaert. Boulogne en particulier semble disposer d'une
logistique et de facilités lui permettant de faire un show bien
organisé : maillot géant à l'entrée des joueurs pour l'échauffement,
tifos divers et fumigènes à l'entrée des équipes, et spectaculaire
embrasement de fumigènes à la reprise de la deuxième mi-temps. Les
encouragements de la tribune Boulogne semblent unanimes de toute la
tribune, quasi ininterrompus durant le tout match, et il était bien
difficile pour les trois mille lensois de faire entendre leurs voix
contre ce déluge de décibels. On notera quand même une différence
assez nette de sonorité entre l'avant-match et le match, qui laisse
penser à la présence d'un coup de pouce électronique durant le
match.
Au retour sur le terrain, Luis Fernandez
remplace Hugo Leal par Ronaldinho, dont on sait pas encore s'il est
vraiment la star annoncée par les médias. Sa première action
marquante sera un coup franc à la 49ème minute qui se transformera
en corner, et on le verra essentiellement en action sur les coups de
pied arrêtés. Les parisiens attaquent pour rattraper leur retard, ce
qui laisse des espaces aux rapides attaquants lensois. A la 51ème
minute, Blanchard récupère un ballon dans les pieds d'un parisien,
transmet à Pédron qui lance Diouf en profondeur. Diouf résiste au
retour des défenseurs parisiens, et marque le deuxième but lensois
en glissant la balle entre les jambes de Létizi. Lens mène 2-0 ! La
tribune lensoise explose et même Boulogne semble abattue et perdra
quelques décibels pendant une dizaine de minutes. C'est à cette
période que l'on entendra le mieux les chants lensois.
Les parisiens n'ont plus rien à perdre, et
prennent encore plus de risques offensifs. Quelques minutes après le
2ème but Moreira puis Diouf rateront de bonnes occasions de marquer
le 3ème but qui aurait permis de plier le match. C'est le moment
choisi par Luis Fernandez pour remplacer Déhu par Edouard Cissé et
Okocha par Alex. PSG retrouve du tonus et se rue à l'assaut des buts
lensois. La réussite viendra à la 68ème minute : Aloisio récupère un
ballon dans les 18 mètres suite à une touche, remet en retrait. Alex
récupère et remet sur le côté gauche à Aloisio, qui échappe à
Ismaël, et centre de la gauche vers la droite. Le centre lobe
Coulibaly et Warmuz et parvient à Anelka qui réussit à marquer de la
tête malgré un retour désespéré de Coulibaly et Wallemme.
La situation devient plus difficile pour Lens.
PSG est ragaillardi et continue à attaquer. Deux minutes après le
but d'Anelka, Aloisio déborde à droite et centre en retrait vers
Alex à environ 13 mètres face au but lensois. Alex reprend d'une
volée écrasée qui rebondit juste devant lui et rentre juste sous la
barre transversale.
Avec ce but un tout petit peu chanceux, la
situation devient très difficile pour Lens. Il reste 20 minutes de
jeu face à un PSG déchaîné et une tribune Boulogne qui a retrouvé
tous ses décibels. Cinq minutes plus tard Joël Muller remplace Diouf
par Sakho et Sarr par Queudrue. Lens subit la pression du PSG et
résiste héroïquement. Warmuz effectue quelques parades décisives et
sera suppléé sur sa ligne de but durant le temps supplémentaire (4
minutes) par Pédron sur une tête de Cissé qui reprenait un corner de
Ronaldinho.
Après un ultime remplacement tactique - Moreira
par Sikora - la fin du match est sifflée sur le score nul
2-2.
Deux à deux face au PSG chez lui, voilà un
résultat qui paraît tout à fait satisfaisant, et pour lequel tout le
monde aurait signé des deux mains avant le début de la rencontre. Si
Lens a encaissé pour la première fois de la saison deux buts sur
action de jeu, le PSG a lui encaissé ses deux premiers buts à
domicile. On ne peut regretter les deux buts encaissés car le PSG a
concrétisé une forte domination en seconde mi-temps, mais on
regrettera - un peu - que Lens n'ait pu marquer un troisième but qui
aurait assuré la victoire lensoise. On retiendra de ce match que
Lens reste invaincu dans le championnat, et a de nouveau montré de
grandes qualités de solidarité, rigueur défensive et efficacité
offensive. Si le groupe continue de faire preuve de ces qualités, le
club peut rester confiant pour la suite de la saison et afficher
officiellement l'ambition de terminer parmi les places
européennes.
L'avis des supporters Parisiens
: "Paris s'en sort bien : Après
avoir été mené par deux buts d'écarts, le Paris Saint Germain a su
trouver les ressources morales pour revenir au score face à une
équipe lensoise en grande forme."
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