Sous l'impulsion d'un DRC très combatif et prenant à cœur le sujet, tous les groupes ont pu échanger sur leur vision de l'ambiance actuelle… avec un constat commun à tous: bien que restant largement l'une des meilleures de France, l'ambiance se meurt aujourd'hui à Bollaert.
Si le constat a été partagé par toutes les forces vives du stade, les causes et les remèdes ont suscité d'âpres échanges, que l'on peut résumer sans forcer le trait entre le combat des "anciens" et des "nouveaux".
Les premiers, qui ont été à l'origine de la formidable réputation de chaleur, de convivialité et de fidélité du public Sang et Or, se désolent d'être de plus en plus entourés de "spectateurs" et autres touristes, qui gênent et handicapent lourdement leur action dans le Kop. Toutefois, déclarant incarner une légitimité historique à toute épreuve, ils rejettent une certaine forme de remise en question. Pas question pour eux de changer quoi que ce soit, puisqu'à leurs yeux le problème a pour seule origine les places assises et le prix élevé des places. C'est probablement vrai, bien que ce ne soit pas l'unique cause aux problèmes de Bollaert. Surtout, puisque l'on ne peut pas revenir en arrière sur ces points, cela n'apporte pas de solutions…
Les seconds, Red Tigers en particulier, se déclarent eux dépositaires de ce qui marche bien à Bollaert aujourd'hui: 90 mn de chants ininterrompus, de la créativité, plus de spontanéité, et une fidélité sans faille dans tous les déplacements. Pour eux, cette efficacité, unanimement reconnue par tous, leur donne le droit d'être les animateurs principaux du Kop. Et donc d'investir peu à peu le centre de la Marek, avec leurs troupes et surtout leurs méthodes. Pas question d'exclure qui que ce soit: pour les Tigers, les non-chanteurs actuels souffrent simplement d'être mal pris en charge, insuffisamment motivés. Là où la trompette du Kop a incontestablement failli aujourd'hui, les Tigers proposent de lui substituer la présence de capos répartis le long de la Marek.
Encouragés par DRC à faire chacun des concessions "positives et constructives", Kop et RT, avec l'aide des North Devils, décident pour ce samedi contre Marseille de tenter une première ébauche de "fusion": les Tigers vont se rapprocher du centre de la Marek, et vont "donner" au Kop deux capos: l'un devant le kop, l'autre devant la masse intermédiaire de supporters habituellement muets. Chacun s'est dit prêt à jouer le jeu, en dépit d'un certain manque de temps dans la coordination… En somme, c'est la réplique de ce qui avait si bien fonctionné lors du Jubilé Roger Boli, dont l'ambiance avait été plébiscitée. La réunion s'est terminée sur cette note constructive, avec d'autres propositions plus novatrices dont nous aurons l'occasion de reparler.
Nous conclurons pour notre part en remerciant Dominique Reggia-Corte pour son initiative, et surtout en félicitant les musiciens du Kop et les Tigers qui ont su montrer hier soir qu'au-delà de leurs différences culturelles, ils avaient tous le même objectif:
rendre à Bollaert sa fierté !
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